Boiterie de la marche et reprogrammation neuromotrice

Définition :

La boiterie de la marche dépend de très nombreux facteurs. Elle peut découler de causes intrinsèques (malformations congénitales, déformations durant la croissance, pathologies neurologiques), et/ou extrinsèques (pratique sportive intense entraînant des déformations anatomiques, accidents traumatiques voire neurologiques).

Il existe de nombreux types de boiterie recensés dans la littérature. La boiterie qui se retrouve le plus fréquemment en rééducation actuelle, tous types de pathologies confondus est celle appelée la boiterie de Trendelenburg. Elle est définie par l’insuffisance du muscle Moyen Fessier du côté de l’appui. Les signes montrent un déport du bassin sur le côté homolatéral, l’abaissement de l’hémi-bassin controlatéral et une inclinaison compensatrice du tronc du côté de l’appui (1). Cela induit une modification fonctionnelle importante de tout le membre inférieur (notamment une adduction de hanche, un valgus et rotation externe du genou accompagnés d’un valgus du pied) ainsi que sur le reste du corps (activation d’autres muscles afin de pallier à ce nouveau schéma moteur).

Vous souffrez d'une boiterie de hanche et souhaitez découvrir la méthode de reprogrammation neuromotrice Allyane ?

Sur le schéma suivant nous pouvons voir que cette boiterie induit un valgus et une rotation externe de genou (a), une adduction de la hanche (b) et un abaissement de la tête (c) (Figure 1) (2).

La plupart du temps elle est causée au départ par une boiterie d’évitement (ou d’esquive) suite à un traumatisme, à une douleur articulaire, à une paralysie partielle, etc… Le patient subit une perte de fonctionnalité du membre donc une perte de confiance du membre atteint, et cela s’ensuit d’une perte progressive des informations sensorielles notamment proprioceptives de tout le membre. Ainsi la boiterie s’installe et le patient n’arrive plus à sortir de ce schéma moteur de compensation. Autrement dit, il a adopté un nouveau circuit neuromusculaire.

Ce qui se fait en rééducation :

En tant que rééducateur, nous nous fixons comme principal objectif d’améliorer la mobilité du patient afin qu’il puisse obtenir un maximum de gain de fonctionnalité avec pour finalité pouvoir lui donner un maximum d’autonomie.

Illustrons par un exemple de cas clinique courant : un cas ayant un déficit de moyen fessier suite à un accident vasculaire cérébral (AVC).

Mr M. fait de la rééducation 2 fois par semaine. Il réalise des exercices d’équilibre, de renforcement musculaire (notamment le moyen fessier), d’étirements. Il fait également des exercices chez lui comme le vélo, la marche quotidienne, quelques renforcements musculaires et mobilisations tous les matins que le kinésithérapeute lui a montrés.

Mr M. semble donc être très bien pris en charge. Toutefois, cela fait plus de 6 mois qu’il travaille assidument mais il ne voit pas d’amélioration nette car il n’arrive pas à marcher « comme avant ». Il y arrive de temps en temps quand il se sent bien mais cela ne dure pas. En découle une baisse de motivation dans ses exercices, et cela atteint également le rééducateur qui vient à être à la limite de ses techniques. Le traitement s’axe de moins en moins sur la récupération mais plutôt sur l’entretien.

Ce que propose la reprogrammation neuromotrice

La technique de reprogrammation neuromotrice, utilisée de façon spécifique dans le procédé Allyane, comporte trois éléments sensoriels essentiels :

–       L’imagerie mentale (visualisation du mouvement)

–       L’identification proprioceptive associée au mouvement

–       L’écoute de sons de basse fréquence qui ont pour effet de placer le cortex cérébral dans un rythme cérébral précis, le rythme alpha, où le cerveau serait le plus à même d’intégrer et d’ancrer plus facilement ces différents éléments sensoriels.

Vous êtes praticien et souhaitez plus d'informations sur la méthode Allyane et nos formations ?

Source :
(1)   D. Gasq, F. Molinier, J.-M. Lafosse, Physiologie, Méthodes d’explorations et troubles de la marche,
(2)   P. Dotte, les boiteries de hanche et les signes dits « de Duchenne de Boulogne » ou « de Trendelenburg », Annales de Kinésithérapie, Vol.5 – Fascicule 5, Ed. Elsevier Masson ; p.163-178.