Les inhibitions motrices : une autre approche de la rééducation

Quel peut être le point commun quand un patient présente des difficultés, voire une impossibilité à monter et descendre les escaliers, narrive pas à gagner de la force dans sa rééducation de ligamentoplastie ou présente une gêne douloureuse qui perdure ? Ce point commun, ce sont les inhibitions motrices.

https://youtu.be/90DyeAKUBLM

Inhibitions motrices : définition

L’inhibition motrice en elle-même n’est pas un mécanisme dysfonctionnel, c’est un mécanisme normal du cerveau qui va permettre d’éliminer les mouvements parasites, indispensable pour un bon ajustement de la motricité.

Ce qui est pathologique, c’est l’excès d’inhibition motrice.

Il existe deux possibilités d’apparition d’une inhibition motrice :

  • Distale où ce sont les informations fournies au cerveau qui sont mauvaises et où celui-ci, par conséquent, met en place une motricité dysfonctionnelle. On parle d’inhibition périphérique.
  • Proximale, c’est au niveau du cerveau lui-même que le blocage se fait. On parle alors d’inhibition centrale.

Non seulement cette inhibition peut toucher la qualité de la contraction musculaire (analytique), mais également perturber l’activation temporelle des contractions musculaires nécessaires à la bonne réalisation des mouvements (fonctionnelle).

Les conséquences d’une inhibition motrice sont multiples et seront autant de signaux d’appel qui doivent nous faire penser que l’on se trouve en face de telles inhibitions.

Comment diagnostiquer une inhibition motrice

Ces signaux peuvent être :

  • Une atrophie musculaireet une baisse de la CMV (Contraction Maximale Volontaire)
  • Une gêne dans la stabilité d’une articulation et dans sa fonction
  • Un retard anormal dans la progression de la rééducation
  • Une perturbation du schéma moteur de contraction
  • Une douleur à type de gêne qui perdure

Pour les diagnostiquer, on peut se servir d’un testing musculaire classique auquel on va rajouter une composante de sensations proprioceptives. En effet, il est important de savoir ce que ressent le patient lorsqu’il effectue une contraction musculaire ou un mouvement.

C’est cette composante sensitive et la différence qu’il peut y avoir avec le coté sain qui va nous orienter vers le diagnostic d’une inhibition motrice.

Il est donc primordial de réaliser ces tests de façon bilatérale et comparative.

Quels traitements ?

Dans la littérature, on retrouve plusieurs possibilités de traitements :

  • Les plateformes vibrantes et oscillantes qui semblent augmenter l’activation du quadriceps (1)
  • La cryothérapie qui diminue temporairement l’inhibition motrice (2)
  • L’électrostimulation mais dont les bénéfices ne durent que 30 mn (3)
  • Le biofeedback (4)

Inhibitions motrices & la reprogrammation neuromotrice Allyane

Enfin la méthode de reprogrammation neuromotrice Allyane qui est un procédé neurophysiologique permettant la modification, la correction ou l’acquisition d’un automatisme moteur.

Elle est destinée à faciliter la réhabilitation, la modification ou l’acquisition d’un geste de façon rapide et durable.

 Pour cela, on va travailler sur les sensations proprioceptives, puis les intégrer en se servant de l’imagerie mentale.

Cette méthode utilise également des sons de basse fréquence qui vont mettre le patient dans un état d’hypovigilance et ainsi ancrer au niveau sous-cortical le travail.

Les limites de ce type de prise en charge sont :

  • Une capacité cognitive trop dégradée
  • Un patient hyperalgique
  • Une rupture de continuité nerveuse, de la moelle ou un blocage articulaire.

En conclusion, la prise en charge des inhibitions motrices est vraiment une avancée dans la prise en charge globale des patients, elle doit sinscrire dans le parcours de soins, ce qui permettra dans l’avenir de réduire les échecs thérapeutiques, potentialiser et accélérer la rééducation, et enfin permettre de prévenir les récidives.

Bibliographie

 2 Dec 2010 Rice DA1, McNair PJ  (8) Janv 2009 Rice D1, McNair PJDalbeth N.

 4 2013, Gabler C1, Kitzman PH2, Mattacola CG3

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