Réduire un flessum grâce à la reprogrammation neuromotrice

Le Flessum : de quoi parle-t-on ?

Le flessum est une attitude antalgique réflexe du genou suite à un traumatisme. Cette inhibition motrice centrale est bien documentée dans la littérature scientifique (1)(2). Cette attitude antalgique est due à une contracture réflexe des ischio-jambiers qui permet de mettre l’articulation du genou en zone de confort vis à vis d’un œdème, d’une hémarthrose ou d’une douleur à l’appui. Elle provoque ainsi une boiterie d’esquive.

Éviter l’extension du genou est une compensation naturelle mais celle-ci provoque de nombreux problèmes à moyen terme. La persistance d’une contracture réflexe des ischio-jambiers entraîne une impossibilité de contraction des fibres horizontales du vaste médial (en particulier du VMO, Vastus Medialis Obliquus) et provoque une amyotrophie élective de ce muscle clef dans l’extension du genou. Nous savons que la persistance de ce flessum est associée à un risque élevé d’apparition d’un syndrome du cyclope en suite de chirurgie du LCA et augmente de façon considérable le risque d’apparition de syndromes fémoro-patellaires (SFP) post-traumatiques ou post-chirurgicaux.
Prise en charge flessum

La prise en charge du flessum avec la méthode Allyane

C’est dans ce cadre que la reprogrammation neuromotrice Allyane (RNM) permet de réduire un flessum de façon souvent spectaculaire grâce à l’induction d’une détente des ischio-jambiers et d’une réactivation du vaste interne, et cela en une seule et même séance. On parle bien sûr d’attitude antalgique et non de flessum constitué car la rétraction des structures aponévrotiques et tendineuses ne permettrait pas de retrouver l’extension complète du genou en une seule séance. Néanmoins, si le processus mental de défense n’est pas levé, il sera bien difficile de permettre de corriger ce flessum. Le pourcentage de réussite de ce type de RNM est tel que nous pensons qu’un véritable flessum constitué est finalement peu fréquent.  Cette surprotection est parfois difficile à prendre en compte par le patient car elle est le plus souvent organisée de façon réflexe et bien qu’il veuille retrouver un genou fonctionnel, il ne sait pas toujours comment relâcher un groupe musculaire hors champ visuel dont la représentation corticale est par ailleurs bien faible.

C’est en cela que la reprogrammation neuromotrice Allyane prend une place privilégiée car elle s’appuie sur l’identification de l’information proprioceptive du relâchement des ischio-jambiers du membre sain, transférée en miroir sur le membre lésé.

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Le déroulé de séance

La séance se déroule en deux temps : d’une part un protocole spécifique de relâchement général, qui s’appuie notamment sur les méthodes de type Jacobson, méthode non suggestive axée sur la notion de relâchement à partir d’une contraction. La méthode classique de Jacobson est complexe et nécessite de nombreuses séances pour son apprentissage mais via les protocoles spécifiques de reprogrammation neuromotrice Allyane, nous pouvons induire dès la première séance un contrôle de l’état tensionnel musculaire en associant à une expiration profonde, la sensation de relâchement des membres inférieurs. Concrètement, le patient est allongé avec un casque émettant des sons pulsés de basses fréquences, ce qui l’amène en mode alpha d’activité cérébrale, état d’hypovigilance accompagné d’une hyper activation concomitante des aires corticales de la motricité. Suite à une inspiration profonde, le patient contracte l’ensemble de son corps et en fin d’apnée, expire de façon forte et complète, et prend conscience de son état de relâchement associé à une respiration diaphragmatique contrôlée en association avec l’émission d’un son de basse fréquence spécifique.

Puis dans un second temps, c’est le relâchement spécifique : le patient déprogramme son flessum. En décubitus ventral, il prend conscience du relâchement des ischio-jambiers du membre sain suite à une contraction maximale isométrique en course externe, puis produit l’image mentale de cette sensation de détente. Ensuite, il visualise son genou en flessum ainsi que la contracture permanente de ses ischio-jambiers et effectue, guidé par le thérapeute un travail d’effacement virtuel du membre lésé, en écoutant un son de basse fréquence référent le S.A. (son associé), choisi par le patient. Il produit enfin l’image mentale construite préalablement des sensations proprioceptives du genou en extension complète grâce à une détente des ischio-jambiers, miroir du membre sain en écoutant de nouveau le son référent (S.A.). A l’issue de ce protocole, le flessum cède sans autre traitement en quelques minutes. Ce qui donne dans la quasi totalité des cas un résultat d’une efficacité probante obtenue dans un délai, somme toute surprenant. En cas d’amélioration partielle, le thérapeute peut faire du contracté-relâché en décubitus ventral associé à un travail respiratoire, type Jacobson.

Il est parfois utile d’associer une reprogrammation de la marche avec la notion d’un relâchement spécifiques des ischio-jambiers synchrone de la phase d’oscillation du membre inférieur lésé, suivi d’une activation du quadriceps à l’attaque talon centrée sur le VMO. De plus en plus de chirurgiens du genou, bien conscients de l’importance de la levée d’un flessum,  proposent une RNM en préopératoire pour garantir une chirurgie optimale.

 

Avant

 

Après

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(1) Sonnery-Cottet B et al. Arthrogenic muscle inhibition after ACL reconstruction: a scoping review of the efficacy of interventions. Br J Sports Med. 2019 Mar;53(5):289-298.

(2) Russo M et al. Muscle Control and Non-specific Chronic Low Back Pain. Neuromodulation. 2018 Jan;21(1):1-9.