Intérêt de la reprogrammation neuromotrice sur les tendinopathies du coude

Définition de la tendinopathie du coude

La tendinopathie du coude est une pathologie courante touchant plus de 3% de la population générale française (Haddad, 2012). Découvrez ci-dessous un article sur la prise en charge des tendinopathies du coude par la reprogrammation neuromotrice. 

L’épicondylite est largement représentative (90% des cas). L’épitrochléite est plus rare et retrouvée surtout chez les personnes ayant une activité professionnelle manuelle importante (Descatha et al., 2016). C’est un ensemble de groupes musculaires qui n’est pas facilement mis au repos car il est nécessaire dans toute activité de préhension (s’alimenter, l’hygiène, la conduite). L’utilisation pluriquotidienne ne serait-ce que des téléphones portables et ordinateurs en est un exemple concret. Cette pathologie est donc dans la plupart des cas très invalidante que ce soit dans la vie privée ou professionnelle, et leur durée peut varier de quelques mois à plusieurs années. Parfois la guérison est spontanée et cela n’est pas encore expliqué dans la littérature (Xhardez et al., 2015).

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La rééducation en cas de tendinite du coude

Dans les premiers temps, les traitements pour la prise en charge des tendinopathies du coude sont basés sur les techniques permettant de lutter contre l’inflammation (drainage, massage transverse profond, étirements, phisiothérapie, cryothérapie) et ensuite sur les techniques de renforcement (en excentrique surtout). En cas d’inflammation et de douleurs trop importantes, il peut y avoir des recours aux injections de corticoïdes, de Plasma Riche en Plaquettes (PRP), voire même à la chirurgie en cas d’échec du traitement médical.

Malgré une série importante de séances, il arrive que le ou la patiente arrive de nouveau à votre cabinet plusieurs mois après avec les mêmes indications. Le patient subit une perte de fonctionnalité du membre donc une perte de confiance du membre atteint, et cela s’ensuit d’une perte progressive des informations sensorielles notamment proprioceptives de tout le membre. Il se déconditionne ainsi petit à petit mettant en place des stratégies de compensations qui à leur tour engendrent une dysfonction d’autres zones du corps. Le patient entre ainsi dans un schéma de chronicité, aggravant cette perte du schéma neuro-sensorimoteur.

Cette problématique de chronicité des tendinopathies nous permet de pousser la réflexion sur notre pratique quotidienne en rééducation. La méthodologie des techniques rééducatives actuelles, mêmes les plus récentes, se concentrent beaucoup sur l’aspect local de la pathologie (ici le coude par exemple). L’aspect plus central, autrement dit le travail du mouvement en prenant compte directement sur la genèse corticale du pattern moteur serait une voie supplémentaire pertinente pour prendre compte de l’aspect global – périphérique et central – du patient. La technique de reprogrammation neuromotrice peut ainsi être intéressante à intégrer dans la prise en charge des tendinopathies du coude mais également d’autres pathologies présentant des inhibitions motrices.

Ce que propose une nouvelle approche de reprogrammation neuromotrice

Une nouvelle technique de reprogrammation neuromotrice, la méthode Allyane, est composée de trois éléments essentiels :

  • L’imagerie mentale (visualisation du mouvement)
  • L’identification proprioceptive associée au mouvement traduite en imagerie motrice
  • L’écoute de sons de basse fréquence qui ont pour effet de placer le cortex cérébral dans un rythme cérébral précis, le rythme alpha, où le cerveau serait le plus à même d’intégrer et d’ancrer plus facilement ces différents éléments sensoriels.

Dans notre cas, la tendinopathie du coude, nous prendrons l’exemple le plus répandu, soit la tendinopathie des épicondyliens (plus connue sous le nom de Tennis elbow). Nous notons que le traitement présenté est effectué dès lors que l’inflammation ne présente plus d’importance pour poursuivre la rééducation.

  1. Ecoute de sons de basse fréquence :

Le patient écoute des séquences de sons de basse fréquence à l’aide d’un casque relié au générateur de sons, l’Alphabox®. Ces séquences de sons associant différentes fréquences vont accroître l’émission d’ondes cérébrales alpha permettant d’hyper-activer les aires motrices.

Le patient est placé sous les Sons Pulsés (mode automatique) durant toute la phase de reprogrammation neuromusculaire que nous allons détailler ci-dessous.

  1. Prise de conscience du geste à modifier :

Nous faisons systématiquement un examen clinique et une prise vidéo pour analyse. Nous aidons à faire prendre conscience au patient les éventuels déficits sur les images, cela permettant de les caractériser de façon plus objective. Nous demandons également au patient ce qu’il ressent lors de l’utilisation de son coude (surtout la préhension et l’extension du coude) : les sensations proprioceptives liées à ce mouvement sont négatives puisqu’elles lui causent des gênes.

Ensuite il lui est demandé d’effectuer le mouvement à modifier en le comparant éventuellement avec le côté sain s’il y a, sinon par des sensations que le patient a d’avant l’accident. Une fois ce geste acquis, il lui est demandé de visualiser et de ressentir les bonnes sensations qui sont associées à ce bon mouvement. Ce travail est répété jusqu’à ce que le patient nous dise qu’il a bien compris et acquis le mouvement en visualisation kinesthésique.

  1. Phase de travail mental :

Guidé par le praticien, le patient va produire un travail d’imagerie mentale selon un protocole précis, qui va passer par une phase d’effacement de la motricité déficiente et de reprogrammation du geste fonctionnel souhaité. Ce travail sera associé à l’écoute d’un son spécifique.

  1. Réalisation du geste :

Le patient exécute le même mouvement qu’il a visualisé et ressenti lors de la phase précédente. Nous filmons le patient au même moment afin d’avoir une preuve objective pour que le patient puisse constater l’évolution. Nous recensons également les ressentis du patient et une fois que le mouvement est récupéré, nous passons à la dernière phase.

  1. Phase d’ancrage :

Le traitement se termine par cette phase pendant laquelle le patient est mis sous les sons associant les Sons Pulsés et le Son Associé pour que le travail mis en place soit mémorisé au niveau cérébral. Il est demandé au patient de visualiser son membre supérieur travailler lors d’activités de la vie quotidienne. Cette phase dure environ dix minutes.

Et après ?

Il est important que le patient continue à effectuer le mouvement travaillé et ce dans la continuité de ses programmes de rééducation (intégration dans certains exercices effectués avec le kinésithérapeute, voire même dans les exercices effectués seul à la maison), c’est par ce biais-là qu’il réussira à revenir au mieux sur son schéma moteur voulu.

Intérêt de cette reprogrammation neuromotrice pour la tendinopathie du coude

Le principal message que nous voulons faire passer est qu’il est judicieux et indispensable de s’occuper de l’intégrité du contrôle volontaire du muscle, à savoir le muscle en lui-même certes, mais également de la commande motrice. En d’autres termes, la prise de conscience de façon proprioceptive couplée à la visualisation, permet d’avoir une bonne compréhension du mouvement de façon intrinsèque et non seulement extrinsèque. L’idée est de redonner au patient les repères essentiels lui permettant de reprendre des sensations qu’il possède déjà mais qu’il a placé des barrières au pattern moteur lui permettant d’effectuer le mouvement voulu.

Notons qu’une atteinte mécanique (fracture, ligaments rompus partiellement ou totalement, inflammation trop importante, altération importante de la sensibilité profonde) sera une limite et un frein important dans cette technique de rééducation.

Bibliographie :

  1. Descatha A, Albo F, Leclerc A, Godeau D, Carton M, Roquelaure Y, et al. Tendinopathie d’insertion des muscles épicondyliens latéraux et expositions biomécaniques professionnelles : une revue systématique des données prospectives récentes et méta-analyse. Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement. 1 déc 2016 ; 77(6) : 1018‑9.
  2. Haddad A. Tendinopathies du coude. /data/revues/18786227/v79i2/S1878622712000045/ [Internet]. 3 avr 2012 [cité 19 nov 2019]; Disponible sur: https://www.em-consulte.com/en/article/703999
  3. Xardhez Yves et al., Vade Mecum de Kinésithérapie et rééducation fonctionnelle, 7ème édition, édition Maloine, 2015 pp.662-685

Vous avez des questions sur la méthode Allyane ? Nous sommes à votre disposition au 04 28 29 58 14.