Reprogrammation neuromotrice et spasticité

Définition

Dans la plupart des atteintes neurologiques, le kinésithérapeute est confronté dans le cadre de sa pratique quotidienne à un important problème par son retentissement péjoratif sur la motricité : la spasticité (pyramidale) ou la rigidité (extra- pyramidale).

Pour reprendre la dernière définition de la spasticité par le consortium SPASM : « En supposant que toute activité involontaire comporte des réflexes, la spasticité est une hyperactivité involontaire intermittente ou prolongée d’un muscle squelettique associée à un syndrome pyramidal. »

 Le traitement de la spasticité

Parallèlement aux traitements médicamenteux Per Os (myorelaxants, Dantrolène, Baclofène, …) ou locaux (toxine botulique), neurolyses, blocs moteurs périphériques, ou traitement neurochirurgical, la rééducation a toujours eu une place privilégiée dans le traitement de la spasticité par les traitements physiques (cryothérapie, ENSM fonctionnelle, stimulation magnétique) ou simplement en s’attachant à éliminer les « épines irritatives », sources d’augmentation de la spasticité.

Même si toutes les spasticités ne sont pas à traiter, dans l’approche thérapeutique physique, les thérapies dites “cognitives”, c’est à dire la planification d’un geste par la visualisation fonctionnelle et son impact sur la plasticité cérébrale sont de plus en plus étudiées et utilisées. C’est dans ce cadre, que la mise en place d’un relâchement général via la reprogrammation neuromotrice prend toute sa dimension.

La prise en charge de la spasticité avec le procédé Allyane

Le protocole de “relâchement général” utilisant la reprogrammation neuromotrice Allyane, est un outil remarquable pour diminuer et contrôler la spasticité en conscient-volontaire via la respiration. Ce protocole développé par Allyane a été développé à partir de la méthode Jacobson (RPJ) mise au point par le docteur Edmund Jacobson et très utilisée aux Etats-Unis.

Lors de l’application de ce protocole de soins, le patient est allongé au calme avec un casque audio émettant des séquences de sons de basses fréquences générées par l’Alphabox® (générateur de sons de basses fréquences) ayant pour but de mettre son activité cérébrale en mode alpha tout en hyper activant les aires de la motricité. Un autre intérêt des sons de basse fréquence est de supprimer le “mental device” proposé par Benson, un des précurseurs de la relaxation type Jacobson car le patient est juste concentré sur l’écoute des sons. Pour Benson, il est impossible d’interrompre le processus de pensée en faisant cesser le discours intérieur ou l’imagerie mentale. Il propose donc de fixer l’attention par la vision d’une flamme de bougie ou la répétition d’un mot, ce qu’il définit comme “mental device”.

Nous apprenons au patient à ventiler de façon dissociée en respiration diaphragmatique (basse), puis en respiration costale (haute).

Suite à une inspiration complète diaphragmatique, puis costale, le patient reste en apnée poumons gonflés, contracte tous les muscles de son corps durant une vingtaine de secondes. A la fin de son apnée, il libère brutalement tout son air, bouche ouverte, ferme les yeux et prend conscience de son état de relâchement. A ce moment précis, l’opérateur envoie dans le casque un son pulsé associé émis par l’Alphabox®, choisi par le patient pour ancrer et associer son état de relâchement à une expiration profonde.

La contraction des muscles du corps, va privilégier la tension des muscles spastiques, de par la syncinésie spasmodique décrite par Marie et Foix, et donc focaliser la sensation de relâchement de façon prioritaire sur les groupes musculaires spastiques.

Des résultats incomparables

Les résultats immédiats sont souvent spectaculaires avec une pérennité pouvant aller de deux à plusieurs semaines en fonction des sujets et du degré de spasticité. La motricité en est nettement améliorée et permettra de travailler sur le relâchement musculaire dissocié, clef d’une motricité libérée.

Disposant d’un « automatisme de relâchement » associée à une expiration profonde, le patient peut ainsi générer à nouveau un relâchement par une expiration forcée volontaire.

Ce protocole de relâchement général peut être également associé à un protocole de relâchement plus spécifique sur certaines zones musculaires. Il permet au patient de retrouver une maitrise de la spasticité, tout particulièrement chez les hémiplégiques.