L’inhibition motrice arthrogénique (AMI) constitue une complication fréquente et encore insuffisamment prise en compte après reconstruction du ligament croisé antérieur, avec des répercussions majeures sur l’activation du quadriceps, la récupération de l’extension du genou et le risque de raideur postopératoire.
Une nouvelle étude prospective (Sonnery-Cottet et al., 2026) apporte un éclairage clinique précis sur l’évolution précoce de ce phénomène. Les auteurs rapportent une incidence élevée de l’AMI, touchant près d’un patient sur 2 à 3 semaines après la chirurgie, et persistant chez environ 1/4 des patients à 6 semaines. Toutefois, la majorité des formes observées peuvent être réversibles, à condition d’être identifiées précocement et prises en charge de manière ciblée.
Trois facteurs de risque majeurs d’AMI à 3 semaines postopératoires sont identifiés :
- La présence d’une AMI en préopératoire,
- Une douleur immédiate élevée après l’intervention (VAS > 7)
- L’absence de rééducation préopératoire
Ces résultats confirment que l’acte chirurgical, à lui seul, ne permet pas toujours de restaurer une activation neuromusculaire efficace et peut parfois renforcer les mécanismes inhibiteurs liés à la douleur, à l’inflammation et aux adaptations centrales.
Sur le plan clinique, cette étude insiste sur l’importance d’une prise en charge proactive : ne pas opérer un genou présentant une inhibition persistante, intégrer une rééducation préopératoire ciblée et contrôler précocement la douleur. La reprogrammation neuromotrice, citée comme outil spécifique, illustre comment des approches telles que la thérapie Allyane peuvent compléter la rééducation dès les premières semaines postopératoires.
Auteurs : Sonnery Cottet et al. 2026
DOI : https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/23259671251350305
Article de veille rédigé par Typhanie Dos Anjos, PhD